BORDERLINE

 

 

En Psychiatrie, il y a en gros deux grandes familles de maladie : Les «psychoses» , et les «névroses», maladies que les spécialistes connaissent bien .

 
A la frontière entre ces deux familles, on a classé un peu en vrac des troubles qui ne correspondaient ni a l’une ni a l’autre de ces catégories … et on a appelé cette classification « Borderline » , ce qui veut dire « frontière « , limite.

 

Ce terme ne veut donc pas dire grand-chose de précis, et c’est sans doute a cause de cela, que la quasi-totalité du corps médical s’est peu intéressé à ce qu’il contenait.

 
Parmi d’autres choses, il englobe en fait une maladie très grave et très invalidante : Le syndrome de dérégulation émotionnelle, qui a malgré tout l’avantage (s’il est correctement diagnostiqué) de pouvoir être « blanchi » par des thérapies appropriées, et permettre ainsi le retour a une vie harmonieuse.

 

L’enjeu est de taille, car plus de 3% de la population en est atteint, et 60% des Borderline feront une tentative de suicide, avec 8 à 10% de réussite.

 

La totalité d’entre eux verra sa vie ( et souvent celle de sa famille ) basculer totalement lors d’une éventuelle décompensation ( flambée de la maladie sous l’effet d’un choc)

De plus, le nombre de malades faussement diagnostiqués « dépressifs, addictes , bi-polaires , anorexiques ou boulimiques .. etc... » et qui ne guériront donc jamais (car ils relèvent en fait d’une thérapie « Borderline ») est TRES CONSEQUENT.

 

Il en va de même pour certains alcooliques, drogués ou délinquants en prison …. Qui sont en fait des Borderline non diagnostiqués.. ;et par conséquent non soignés.

 

UNE MALADIE DEROUTANTE

 

Ne voyez pas le « Borderline » comme un « fou bizarre «. Il n’en est rien … C’est au contraire souvent une personne intelligente, bien intégrée dans la société, appréciée de ses semblables, etc...
Par exemple : La Princesse Diana, Mylène Farmer ..sont des Borderline célèbres !

 

Et pourtant , derrière cette apparente normalité , se cache un drame terrible :

 
Souvent pour raison génétique, le « logiciel » chargé de la gestion des émotions ( et donc de tous les comportements associés ) , présente quelques « failles » .

 
Ainsi , pour gérer sa vie ,et que rien ne transparaisse a l’extérieur , le patient est il contraint à une incessante et harassante gymnastique psychologique , afin de pouvoir compenser « manuellement » ce que le « logiciel » effectue normalement d’une façon automatique.

 

Cet état de fait peut durer des années.

 

Et puis, un jour, sous l’effet d’un choc psychologique quelconque ( rupture , deuil , traumatismes divers etc. …)se produit un phénomène de décompensation :

 
En quelques jours ou semaines, le patient perd totalement tout repère, et se met a manifester différents troubles sévères du comportement (comportements dépressifs, anxiété paroxystique, agressivité ou repli sur soi) ... Associés rapidement à différents comportement compensatoires comme l’anorexie, ou la boulimie, ou bien addictions diverses etc.

Il lui est alors impossible de se reconstruire.

 

A la grande stupeur de son entourage, le voila dé -sociabilisé, incapable de travailler, ou d’accomplir la moindre action ordinaire …et nécessitant souvent une surveillance constante.

 

BORDERLINE et CORPS MEDICAL

 

Très peu de psychiatres sont formés aux progrès récents sur cette maladie . Pire : bon nombre d’entre eux considère que le diagnostic « borderline « est un diagnostic «poubelle».

 

En conséquence, la quasi-totalité des malades atteints de ce syndrome se trouve dans un vide désolant : aucun diagnostic, aucun médecin, aucune structure adaptée, aucun traitement, aucune thérapie.

 

Très souvent même , un diagnostic erroné leur est imposé ... ce qui risque souvent d’aggraver leur état .

 
Ils peuvent ainsi souffrir pendant de nombreuses années sous l’empire de leurs troubles, alternant crises et hospitalisations... Sans qu’aucune aide ne leur soit apportée.

 

 

Tableau clinique

La personnalité Borderline est aussi connue sous le nom d’« état limite » ou « état frontière ». 

 

L’appréhension de cette maladie est complexe car il est difficile de savoir s’il s’agit d’une maladie psychique à part entière ou d’un trouble de la personnalité.

Parfois elle n’est que la première manifestation d’un trouble psychotique.

 

La personnalité borderline se caractérise par une grande instabilité des relations interpersonnelles, une instabilité émotionnelle, une mauvaise appréciation de l’image du soi, une impulsivité marquée.

 

L’impulsivité se manifeste sous toutes ses formes : sexualité, alimentation, addictions. La mauvaise organisation de la personnalité associée aux symptômes précédents entraîne agressivité, automutilation tentatives de suicide.

 

L’alternance de périodes pathologiques et de stabilité est rapide et déconcertante pour son environnement.

Le malade n’est pas en rupture avec la réalité comme dans d’autres troubles psychiques mais il est gravement inadapté à la réalité.

 

Les troubles commencent souvent à l’adolescence pour continuer à l’âge adulte.

 

Au cours de certains épisodes, l’intensité des troubles associés à certains symptômes peut évoquer une pathologie psychotique ou un trouble bipolaire.

Il est à ces moments possible de penser que la personne va basculer dans une pathologie bien définie, mais l’évolution avec des hauts et des bas voire des périodes de normalité fait rejeter cette possibilité.

 

La quête affective démesurée du « borderline » entraîne des conflits avec l’entourage qui ne sait jamais où il en est.

Il s’agit de la caractéristique principale de ce trouble de la personnalité.

 

L’état limite entre le normal et le pathologique est épuisant pour le malade et ses proches.

 

C’est l’association des symptômes décrits qui fait évoquer le diagnostic, mais les symptômes sont parfois déroutants et changeants. Il faut du temps avant de pouvoir confirmer un diagnostic.

 

L’évolution de la pathologie dépend beaucoup de la participation du patient aux soins et de l’acceptation de ses troubles de la personnalité.

 

Les thérapies sont essentiellement psychothérapiques ou de remédiation cognitive, le traitement est donc nécessairement long .

Les neuroleptiques serviront uniquement d’appoint lors des crises aiguës ou en lors de passage de forte anxiété, d’état dépressif ou d’addiction.

 

La personnalité borderline s’intègre dans les troubles graves de la personnalité.

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